Rituel de l’Ucchiatura

Ucchiatura – Un héritage ancestral transmis avec foi

Dans ma famille, ce rituel se transmet comme un trésor discret.
Ma grand-mère sicilienne le pratiquait avec amour et foi.
Elle l’a transmis à ma mère, puis à moi.
Non pas par apprentissage, mais par appel du cœur.

Ce rituel s’appelle Ucchiatura, du mot sicilien occhiu (œil).
Il permet de détecter et libérer une personne du malocchio – une énergie négative provoquée par un regard envieux, une parole blessante ou une pensée jalouse.


L’« Ucchiatura » vient du mot sicilien occhio (œil). C’est l’art ancestral de détecter et libérer une personne du malocchio (le mauvais œil), une énergie négative provoquée bien souvent par l’envie ou le regard pesant d’autrui. Ce rituel mêle foi et gestes sacrés. On le retrouve en Sicile, en Corse, et dans d’autres régions de la Méditerranée sous différentes variantes.

Bien que ses racines soient profondément ancrées dans la tradition catholique populaire, ce rituel est universel. Il transcende les religions et les cultures. Il s’adresse à toutes les personnes ressentant un déséquilibre subtil, une fatigue inexplicable, un mal-être énergétique. Ce qui compte, c’est l’intention, la sincérité du cœur et le respect du sacré.


1. Préparation du rituel

Tout commence par la préparation des éléments :

  • Une assiette blanche creuse, remplie à moitié d’eau pure
  • Un peu d’huile d’olive (de préférence vierge)
  • Une bougie blanche
  • Une pincée de gros sel
  • Et parfois un objet personnel appartenant à la personne concernée

Ce moment n’est pas anodin. Il marque l’intention, la présence, le respect. C’est déjà un acte sacré.

La bougie est allumée non pour éclairer, mais pour purifier l’atmosphère, élever l’énergie du lieu et ouvrir le passage rituel.


2. Le geste d’ouverture

Avec calme et concentration, on trempe l’auriculaire dans l’huile, puis l’on laisse tomber trois gouttes dans l’eau.

Trois comme le passé, le présent et le futur.
Trois comme un équilibre sacré.


3. Observation de l’huile

L’instant qui suit est silencieux, attentif.

  • Si les gouttes restent intactes et flottent paisiblement, la personne est en paix.
  • Si elles se brisent, se diluent, ou forment des figures étranges, cela révèle une perturbation invisible.
    Une influence négative. Un mauvais œil.

Chaque mouvement de l’huile est un langage symbolique. La personne qui pratique sait écouter sans interpréter mentalement. Elle regarde avec le cœur.

Réaction des gouttesInterprétation
Gouttes intactes, flottantesAucune influence négative
Gouttes qui s’étalent ou se brisentPrésence du malocchio
Gouttes disperséesInfluences multiples ou légères
Gouttes qui disparaissentMal ancien, enraciné

4. Élimination du mauvais œil

Lorsque le signe est confirmé, une pincée de gros sel est jetée dans l’eau.
Ce geste scelle, coupe, purifie.

Des gestes symboliques peuvent accompagner cette étape :

  • Signes de croix sur l’eau ou dans l’air
  • Recueillement silencieux
  • Concentration sur l’intention de libération

Les quatre éléments sont là :
L’eau (réceptive), le feu (la bougie), la terre (le sel), et l’huile (esprit de protection). Ensemble, ils travaillent.


5. La prière secrète

Vient ensuite le cœur du rituel : la prière secrète.

Elle ne s’écrit pas.
Elle ne s’invente pas.
Elle est transmise oralement, souvent le soir de Noël

Elle s’accompagne de gestes anciens, parfois imperceptibles.
Parfois, des signes apparaissent : un bâillement, un frisson, un soupir.
Comme si quelque chose, enfin, s’échappait.

Cette prière fait appel à des forces protectrices — souvent Marie ou des entités de la tradition populaire — et se récite trois fois, dans un calme absolu.

Elle est toujours accompagnée de gestes discrets, transmis avec elle :

  • Des signes de croix tracés au-dessus de l’assiette
  • Des mouvements circulaires autour du récipient
  • Le doigt effleurant l’eau à un moment précis

Ces gestes ne sont pas décoratifs.
Ils portent la parole et scellent l’action.

La personne qui la récite agit avec recueillement et silence. Ce n’est pas une récitation mentale, mais un acte incarné : chaque mot, chaque geste, chaque souffle a son importance.


6. Répétition si nécessaire

Dans certains cas, le rituel doit être répété plusieurs fois, toujours selon un nombre impair :
1, 3, 5 ou 7 fois, selon la gravité perçue ou la persistance du trouble.

Ce choix n’est pas arbitraire.
Dans la tradition méditerranéenne, les nombres impairs sont considérés comme plus puissants, liés à la transformation et au passage entre les mondes visibles et invisibles.

Le rituel est poursuivi jusqu’à ce que les gouttes d’huile restent stables, unifiées, et flottent paisiblement à la surface de l’eau.

C’est alors que l’on considère que le malocchio est levé,
et que l’équilibre énergétique est restauré.


7. À distance ou en présence

Ce rituel peut aussi être pratiqué à distance,
avec le prénom de la personne ou un objet lui appartenant.

Ce qui compte, ce n’est pas la présence physique.
C’est l’intention, la clarté intérieure, et la fidélité au rite.


Une fois le rituel accompli, un apaisement peut être ressenti immédiatement.
Certaines personnes sentent une chaleur dans le corps, d’autres un bâillement soudain, un frisson, un relâchement subtil, comme si une pression invisible se dissipait.

Ce ne sont pas des coïncidences, mais des réactions naturelles au réalignement de l’énergie.

Une fois la lecture terminée, l’huile et l’eau utilisées doivent être jetées avec soin.
Toujours à l’extérieur, dans un lieu où personne ne passe – au pied d’un arbre, dans la terre, ou dans une rivière si possible.

Jamais dans l’évier ou les toilettes : cela reviendrait à faire circuler l’énergie négative dans l’espace de vie.

Ce geste final fait partie du rituel. Il clôture le travail énergétique et empêche le transfert ou le retour de ce qui a été évacué.


Je ne le fais que pour quelques personnes par semaine, avec discernement. C’est un acte gratuit, bénévole, enraciné dans l’amour et le respect.

Si tu ressens le besoin de recevoir ce rituel, tu peux m’écrire. Parle-moi de ce que tu traverses. Si je sens que je peux t’aider, je le ferai avec humilité et dévouement.

Une participation libre est possible, mais jamais obligatoire.


Découvrez le geste ancestral de l’Ucchiatura :